jeudi 18 décembre 2008

La sécurité du village de Berrouaghia (suite) (015)




Et pourtant il y a eu révolte…

• « Quand au début de la guerre de 1914, mon père avait écrit au Gouvernement général pour se mettre à la disposition de l’armée, il lui fut répondu que la France demandait à ses Administrateurs de demeurer à leur poste. Elle avait, en effet besoin de leur vigilance pour que l’ordre et le calme des populations indigènes ne soient pas troublées par les menées subversives que les Allemands ne manqueraient pas de mener secrètement. Or les Européens, très peu nombreux dans les Hauts-Plateaux, savaient qu’en cas de révolte, ils seraient massacrés.
• Le soulèvement local des Béni-Bouyacoub, rapidement jugulé sans répression sanglante, avait été un premier avertissement. Un autre eut lieu dont je n’eus connaissance que bien plus tard. Les nouvelles concernant les succès comme les revers de l’armée française circulaient dans les douars les plus reculés avec une rapidité incroyable. C’est ainsi que certaines d’entre elles y parvinrent avant même leur diffusion par la presse, celle-ci se voyait distancée par le « téléphone arabe ». Par lui, les indigènes connurent, dès son début, la première bataille de la Marne que les autorités locales ignoraient encore. »
• Extrait de L’Algérie des quat’jeudis ou Algérie d’enfance de Suzon Pulicali-Varnier – Éditions de l’Atlanthrope – pages 84 à 87.

Un indigène sans permis


• Le Capitaine CLAVERY chef de l’annexe de Laghouat (Territoire Militaire de Ghardaïa) signal à notre Maire M. Susini qu’un indigène a été trouvé à Laghouat sans permis de circuler, ni pièce d’identité.
• Il se nomme Mohamed ben Abdalkader, forgeron, domicilié à Berrouaghia-ville.
• « j’ai délivré à cet indigène un permis pour Berrouaghia avec itinéraire obliger (Djelfa, Boghari) et l’ai invité à se présenter devant vous dès son arrivée ».Conclus le Capitaine.

La peur de l’espion…

• Une Dépêche Télégraphique estampillée « Confidentiel » vient alerter, le 15 août 1914, les autorités locales au sujet de l’arrivée d’Egypte de dix algériens chargés d’y prêcher un soulèvement.
• D’après les informations le Conseil d’Allemagne au Caire a envoyé ces dix algériens, via Tripoli afin de gagner la Tunisie et l’Algérie

… venu d’Egypte.

• Quelques temps plus tard une circulaire faisait état de ces algériens à la solde des Allemands venus de Tunisie, répandaient des rumeurs sur la défaite de la France et l’état de l’Armée Française.
• La circulaire recommande donc de déjouer ce complot.

Les instructions/restrictions

• De nombreuses autres dépêches et circulaires sollicitaient le Maire et l’Administrateur de la Commune mixte de Berrouaghia, soit pour occupés les indigènes, soit pour mettre en garde les colons contre l’usage d’armes ou de paroles mal placées, soit pour interdire les journaux espagnoles, ou pour faire garder la voie ferrée par les indigènes.
• Les abonnements téléphoniques ont été annulés, la circulation réglementée et bien d’autres menues choses se faire restreindre, au cour de la Grande Guerre, comme on l’appelait à ce moment là.
A bientôt.
Hab le hibou

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