

Bien après la confection du CD-Rom sur la Première Guerre Mondiale, j’ai trouvé, par hasard, dans la Revue Africaine, les textes des chansons que me chantait ma grand-mère. En voici quelques unes, chantées à Berrouaghia.
REVUE AFRICAINE Vol.73 Année 1932
Titre de l’article : « La chanson d’Alger pendant la Grande Guerre » pages 54 à 83, L’Auteur : J.DESPARMET.
1°) Après la victoire de la marne : (Traduction de la chanson, chantée en algérien)
« Eh ! L’Allemand, retiens ton imagination !
L’Alsace n’est pas à toi !
Prends garde de perdre tes richesses
Et que nous te prenions Berlin !
(Refrain) Aïe ! Aïe ! Que faire contre toi ?
Ce Guillaume se coupera le cou. »
(Chanson entendue à Alger et à Berrouaghia, jusqu’au commencement de 1916 dans la bouche des juifs.)
2°) Sur le débarquement des troupes :
« On nous fit descendre du train,
En nous bousculant comme des moutons,
Et nous nous rendîmes à la Marine (le quartier d’Alger),
Pour que le Duc D’Aumale (le Bateau) nous fît faire la traversée,
Nous descendîmes à la Porte de l’ïle (Bad Dzira),
Avec notre bardelle (notre sac) et notre gamelle,
Et le caporal bataillant avec nous,
Voyez, voyez, ô gens,
Ce qu’est cette guerre des Puissances (Ladjnaâs).
Quand nous fûmes à bord,
On nous empila comme des figues sèches,
Nous y trouvâmes un arabe du sud avec son guennour (un immense turban),
Son pantalon dégouttait d’urine,
(Refrain) Aïe ! Aïe ! Que faire contre Lui ?
Hadj Guillaume ! Sa fortune monte !
Quand nous arrivâmes en France,
Meurtris, en bouillie comme des pommes de terre,
On nous fit monter sur un chaland,
Tandis que la mer nous ballotait.
(Refrain)… »
Cette chanson est signalée à Alger, Blida, Miliana et Berrouaghia.
3°) Sur les remplacements militaires
« Nous avons quitté nos femmes enceintes,
Pour les beaux yeux du Général Joffre ! »
« quand nous fûmes monté dans le train,
On nous compte comme des moutons,
Pendant que nous parents pleuraient sur nous,
Mon Dieu ! Qu’est-ce que cette affliction ?
Aïaïaï pour ces Allemands !
On nous a emmenés, enfants et jeunes hommes !
Quand nous fûmes montés sur le bateau,
(aux son de) la clique et des tambours,
On nous a jetés en plein sous les obus !
Mon Dieu ! Qu’est-ce que cette iniquité ?
Aïaïaï pour les Allemands !
On nous a emmenés enfants et jeunes hommes ! »
Signalée à Berrouaghia, Djelfa et Laghouat, en 1917.
A bientôt.
Hab le hibou
REVUE AFRICAINE Vol.73 Année 1932
Titre de l’article : « La chanson d’Alger pendant la Grande Guerre » pages 54 à 83, L’Auteur : J.DESPARMET.
1°) Après la victoire de la marne : (Traduction de la chanson, chantée en algérien)
« Eh ! L’Allemand, retiens ton imagination !
L’Alsace n’est pas à toi !
Prends garde de perdre tes richesses
Et que nous te prenions Berlin !
(Refrain) Aïe ! Aïe ! Que faire contre toi ?
Ce Guillaume se coupera le cou. »
(Chanson entendue à Alger et à Berrouaghia, jusqu’au commencement de 1916 dans la bouche des juifs.)
2°) Sur le débarquement des troupes :
« On nous fit descendre du train,
En nous bousculant comme des moutons,
Et nous nous rendîmes à la Marine (le quartier d’Alger),
Pour que le Duc D’Aumale (le Bateau) nous fît faire la traversée,
Nous descendîmes à la Porte de l’ïle (Bad Dzira),
Avec notre bardelle (notre sac) et notre gamelle,
Et le caporal bataillant avec nous,
Voyez, voyez, ô gens,
Ce qu’est cette guerre des Puissances (Ladjnaâs).
Quand nous fûmes à bord,
On nous empila comme des figues sèches,
Nous y trouvâmes un arabe du sud avec son guennour (un immense turban),
Son pantalon dégouttait d’urine,
(Refrain) Aïe ! Aïe ! Que faire contre Lui ?
Hadj Guillaume ! Sa fortune monte !
Quand nous arrivâmes en France,
Meurtris, en bouillie comme des pommes de terre,
On nous fit monter sur un chaland,
Tandis que la mer nous ballotait.
(Refrain)… »
Cette chanson est signalée à Alger, Blida, Miliana et Berrouaghia.
3°) Sur les remplacements militaires
« Nous avons quitté nos femmes enceintes,
Pour les beaux yeux du Général Joffre ! »
« quand nous fûmes monté dans le train,
On nous compte comme des moutons,
Pendant que nous parents pleuraient sur nous,
Mon Dieu ! Qu’est-ce que cette affliction ?
Aïaïaï pour ces Allemands !
On nous a emmenés, enfants et jeunes hommes !
Quand nous fûmes montés sur le bateau,
(aux son de) la clique et des tambours,
On nous a jetés en plein sous les obus !
Mon Dieu ! Qu’est-ce que cette iniquité ?
Aïaïaï pour les Allemands !
On nous a emmenés enfants et jeunes hommes ! »
Signalée à Berrouaghia, Djelfa et Laghouat, en 1917.
A bientôt.
Hab le hibou

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